Second degré, humour noir et discernement…

humour-noir

Maître Le Tour a toujours considéré le rire comme une fin. C’est comme çà, aussi simpliste que cela puisse paraître, il considère que ce si banal phénomène, est un sommet en matière de corrélation entre esprit et corps (avec le cul aussi, faut pas déconner non plus, hein!) … Une véritable échappatoire hormonale, venant à la rescousse d’un état de stabilité lors duquel le corps n’exultait pas.

Le rire, réflexe purement instinctif, peut intervenir suite à plusieurs phénomènes, qu’ils soient physiques (chatouilles etc…) ou psychologiques (comique, humour, stress etc…).

Mais comme Maître Le Tour ne craint pas les chatouilles, et que l’interactivité du Web, ne permet pas encore de venir titiller vos aisselles avec une plume d’oie, il a décidé de ne se rabattre que sur l’aspect psychologique des choses: Le comique, l’humour.

Car l’humour est le propre de l’homme, il fait appel à sa capacité à discerner les choses. Ainsi, pour être apte à rire, il faudra dans un premier temps, différencier les deux degrés de la pensée humaine.

Le comique de situation a un degré bien plus spontané et efficace que ce que je nommerai le comique “de narration”, dans le sens où le discernement intervient quasi spontanément.

Ainsi, si un homme fait une glissade spectaculaire dans la rue, beaucoup en riront spontanément, sans avoir réellement besoin de s’en remettre à une réflexion quelconque. Le réflexe est alors immédiat.

D’un tout autre côté, le comique volontaire, directement issu de l’Humour, trait de caractère, dont Maître Le Tour ne tarira pas d’éloges, s’en remet directement au discernement réfléchi de l’humain.

L’humour n’a rien d’universel, et chacun en fait preuve à différents degrés, en fonction de son vécu, ce qui lui vaut parfois d’être incompris. Etant le fruit de l’imagination, il met en scène des situations, en les détournant de leur nature initiale.

Ainsi, il est bien souvent amené à singer le malheur d’autrui grâce à une multitude d’artifices. On le qualifiera alors “d’humour noir”.

(Attention, Maître Le Tour attaque la partie lyrique de sa note, il va donc parler à la première personne.)

J’ai pour ma part un très grand penchant pour ce type d’humour, tant il est à mes yeux, une alternative à la tristesse. Souvent considéré comme une raillerie bas de gamme, l’humour noir souffre d’un manque de reconnaissance évident, et sa place dans la société n’est finalement pas à la hauteur de la noble démarche dont il est le résultat.

Certains l’attaqueront sans même le comprendre, ni le vouloir, sous prétexte qu’il met le doigt là où ça fait mal, sans discerner la réalité, ni le message du propos. Beaucoup considèreront alors que l’humour noir n’a aucune conscience, alors qu’en y réfléchissant un peu, il s’agit de tout le contraire.

L’humour noir est prisonnier de la démagogie, enfermé, marginalisé dans un camp de rétrécissement de la réflexion, et humilié par une pseudo bien pensée pleurnicharde, qui diabolise tout et n’importe quoi, sous prétexte de… rien.

Prenons un exemple actuel et tout bête, en visionnant un petit extrait d’un spectacle de Stéphane Guillon…

Stephane Guillon – humour noir
envoyé par mariodelpais. – Regardez plus de vidéos comiques.
Beaucoup affirment avec mépris, que cet homme là n’a aucune conscience, que ses moqueries sont inécoutables, et qu’il va trop loin… Comme s’il était à lui tout seul l’instigateur de toute la misère du monde, ou que celle-ci le faisait tout simplement rire.
C’est là un exemple flagrant d’une absence totale de discernement, et d’une confusion qui malheureusement, existent, et méritent d’être prises en considération, tant elle me paraissant mettre en péril la liberté d’expression.
Ainsi, cet humoriste, comme beaucoup, qui comme lui, ont opté pour l’humour dit “noir”, fait régulièrement l’objet de multiples menaces. Le propos de cet article n’est nullement de victimiser les humoristes en question, mais d’appuyer sur un point de dégénérescence de la pensée, qu’il me parait essentiel de mettre en avant. Car il ne s’agit là que d’humour. Il convient donc de ne pas l’oublier.
Le fait de ne pas être amusé par ses propos, n’autorise en rien un être humain à faire preuve de tant d’étroitesse d’esprit, au point de mettre en péril la vie d’un homme qui ne fait que dévoiler au grand jour, des attitudes de masses, en les tournant en dérision. On peut tout simplement ne pas considérer le personnage comme drôle, passer sa route, et zapper sur du Gad Elmaleh…
Certains vous dirons alors que l’on ne peut pas rire de tout, tandis que d’autres vous ressortiront une bonne vieille phrase pré fabriquée qu’ils n’ont même pas comprises, d’un artiste qu’ils n’apprécient même pas… Car cette phrase était un malheureux constat, et non une règle…
“On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui.”
Ne pas différencier le second du premier degré n’est pas une qualité donnée à tout le monde, et il conviendrait aussi, de ne pas blâmer ceux qui n’y parviennent pas. Mais de grâce, que ces derniers s’abstiennent de planter leur petite graine d’innocence déguisée en savoir, sous prétexte de principes moraux qui n’en sont pas.
Alors oui, l’humour noir peut blesser, mais de façon indirecte seulement, dans le sens ou celui-ci rappelle généralement le malheur d’un individu, ou d’une communauté, mais lorsque vous riez d’une malheureuse glissade, le principe est finalement le même. Vous riez forcément du malheur d’autrui, à un degré moindre, certes, mais cela ne fait finalement aucune différence.
Pour illustrer et synthétiser de la meilleure des manières qui soit, mon propos, je vous propose de visionner les deux vidéos suivantes, en précisant (sait-on jamais…) que le degré de la première ne me fait absolument pas rire, mais que celui de la seconde oui.


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Enfin, il ne s’agit là que d’un point de vue qui n’a bien évidemment rien d’arrêté, et qui, si vous êtes arrivés au terme de cette lecture, pourrait éventuellement faire office d’un début de débat…

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