10 commentaires
J’avoue que la justesse de l’article m’a scotché
Analyse très intéressante.
On y retrouve la folie furieuse des médias qui se jettent sur les proies les plus visibles en oubliant parfois le contexte global, la mise sur un piédestal des personnages publics, faussement lisses et talentueux qui n’en restent pas moins des humains avec des travers, et pour qui le fric peut monter cerveau.
C’est un peu le même syndrome que pour les parents. On en oublie que ce sont des humains qui baisent, qui font des conneries, parce que ça nous permet de croire en un idéal qui nous dépasse.
Enfin je dis nous, mais je ne m’inclus pas dedans. Je ne suis fan de personne, au mieux, comme Facebook maintenant, j’aime.
Seul petit truc par rapport à Ribéry : il est devenu le bon représentant du Nord fantasmé par beaucoup : un mec pas très intelligent qui baise des mineures et qui a une gueule défoncée. Bravo à lui.
Du pain et des jeux !
Maître Letour? C’est bien vous? Vivant?
Ca fais plaisir d’avoir de vos nouvelles.
@publigeekaire: Les parents ça ne baise pas, ça fait l’amour.
@Labilbe: Oui, avec des esclaves un peu mieux payés…
@Smiling: Non, je fais semblant de vivre.
Contrairement au publigeekaire, je n’ai pas été scotché.
Je dois d’ailleurs dire que pour quelqu’un qui aime faire le tour du web, cette analyse ne me parait pas très carrée. (si j’ose dire)
@Maître LeTour Russell Crowe a changé la donne.
Les médias se donnent pour mission (on ne leur a pas demandé) d’être une représentation morale d’une société vertueuse. A ce titre ils réclament l’exemplarité à toutes les personnes connues (qu’elles ont rendu connues) car la sphère médiatique « informations » ne tolère pas les écarts avec la morale ; c’est ce qui la différencie de sa sphère « fiction ». Dans une chaîne de télé, le journal c’est la représentation de la vraie vie : il peut bien y avoir trois séries pleine de meurtres juste après : le journal a fait son boulot de montrer sa vision du monde selon sa rédaction. Et si on accepte l’idée que de plus en plus de jeunes sont abandonnés par leurs parents devant la télé, c’est pas plus mal en fin de compte que les rédactions soient toujours effarouchées devant tout et n’importe quoi. Et c’est précisément parce que les restransmissions sportives font partie de la sphère « info » et pas « fiction » (logiquement un match n’est pas censé être truqué) que ça fait partie de ce système. C’est ce système qui veut éduquer les gens, et d’autant plus les jeunes. Et parmi les infos en général, les plus jeunes retiennent et comprennent principalement le sport. Voilà mon analyse en vrac avant mon café du matin !
Les sportifs n’ayant, c’est de notoriété publique, que très peu de cervelle, ils ont bien le droit d’avoir une bite. En ce qui concerne les médias, je me suis laissé dire que leur mission première était de nous conditionner à acheter du Coca-Cola.
C’est la France, et les histoires de fesses font plutôt rigoler les gens, on n’est pas aux USA.
Par contre, il y a des circonstances où les sportifs doivent se montrer irréprochables : c’est dans le sport justement.
Souviens toi de Barthez, crachant sur un arbitre. Aucun média n’a demandé son interdiction à vie des stades. Ou qu’on le tonde, pour l’exemple.
Pire encore, le coup de boule de Zidane en 2006. Perso, j’avais parié 500€ sur une victoire de la France. Je l’ai eue mauvaise…
Et là encore, les médias ont accumulé les mensonges pour défendre l’indéfendable. Personne n’a dit que Zidane, venait de foutre un coup de boule, non pas à Materazzi, mais au sport, à l’intégration, à tous les entraineurs sans moyens qui tentent d’inculquer des notions de fairplay à des gamins de banlieue.
Au lieu de ça on a tenté de faire de Zidane une sorte de héros national. Qu’on le tonde aussi !



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Chères lectrices, chers lecteurs,
Supprimer un compte Twitter avec plus de 2000 followers. Ca c’est fait.
Mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs… Et Google.
L’exemplarité du sportif à la rescousse de la morale.
S’il y a bien une chose qui m’exaspère dans cette société qui tend à diaboliser tout et n’importe-quoi, c’est l’actuel devoir d’exemplarité que l’on attribue aux sportifs de haut niveau. Depuis quelques années, outre leurs performances sur le terrain, ces derniers semblent devoir intégrer dans leur sphère de compétences, une nouvelle discipline, celle de l’irréprochabilité en public comme en privé.
De par sa sur-médiatisation et sa réussite sociale, le sportif professionnel est aujourd’hui élevé au rang d’idole, et semble devoir assumer un nouveau rôle, celui de l’Homme parfait. Il doit à la fois faire rêver la populace en brillant par ses exploits, sourire aux journalistes, porter du Dior, être un mec sympa, beau, intelligent, pacifiste, engagé, honnête, sincère, cultivé, et fidèle…
Bref, il symbolise à lui tout seul le dernier espoir d’une société complètement larguée et démoralisée par la réalité d’un quotidien dont les valeurs fondamentales s’essoufflent petit à petit.
Alors quand les sportifs dérapent, les médias s’emparent de la situation, et font très vite tourner l’histoire au vinaigre.
Outre-Atlantique, les frasques à répétition de Tiger Woods n’ont échappé à personne, et le vilain dépendant sexuel a d’ailleurs fini par présenter d’émouvantes excuses publiques à sa femme, ses enfants, et au monde entier. (j’en ai eu la larme à l’oeil…)
Outre-manche, c’est John Terry qui s’est vu retirer son brassard de capitaine de l’équipe de football d’Angleterre pour avoir trompé sa femme avec celle d’un coéquipier,
En France, après le coup de tête de Zidane en 2006, c’est l’abominable main de Thierry Henry contre l’Irlande qui a été montrée du doigt. Jacques Attali (dont les connaissances footballistisques doivent être assez limitées) est même allé jusqu’à préconiser d’exclure (à vie) Henry de l’équipe de France (et pourquoi pas rétablir la peine de mort, tant qu’on y est?). Bref, le scandale a pris des proportions démesurées, et outre le fait de jeu, il lui a été reproché de pas s’être dénoncé auprès de l’arbitre… (morale, morale, quand tu nous tiens…)
Aujourd’hui c’est donc au tour de Franck Ribéry, Karim Benzema, et Sidney Govou de passer sur le grill de la bienséance. Il leur est reproché d’avoir eu des rapports sexuels avec une prostituée (mineure au moment des faits), tout le monde connait approximativement l’histoire, et la chasse à la réaction commence. Les médias interrogent la fédération française de football pour connaître son avis sur le sujet, on traque et part à la chasse de la moindre info, les internautes s’emparent de la situation, les photos de la prostituée sont dévoilées au monde entier, et le maire de Lyon, Gerard Collomb va même jusqu’à expliquer qu’il attend des excuses publiques de la part de Sydney Govou, qui présente selon lui, trop de faiblesses humaines. Oui, on nage en plein surréalisme… On s’étonne que des sportifs en pleine force de l’âge et bourrés de pognon, puissent trainer dans des boîtes branchées de la capitale, et fréquenter des prostituées. Et non seulement on s’étonne, mais en plus, on les blâme au nom de la moralité publique.
Alors certes, la prostituée en question était mineure au moment des faits, mais est-ce réellement là le fond du problème? Pourquoi la « mésaventure » de Franck Ribéry a-t-elle plus attiré l’attention des médias, que celle de Govou ou Benzema?
Je crois pouvoir dire sans trop m’avancer qu’outre sa notoriété, la situation d’un homme marié, sympathique, et père de famille qui va aux « putes » est tout simplement un peu plus alléchante que celles de ses deux acolytes dont les vies de couples n’ont jusqu’alors pas trop été médiatisées.
Là, avec le bon Ribéry, on tient enfin un vrai scandale! Au passage, on en oublierait presque l’existence d’Abou, le petit proxénète supposé qui envoie une gamine de 16 ans dans le plumard de mecs pétés de thunes. Lui, n’est ni connu, ni censé montrer l’exemple… C’est un simple citoyen comme un autre, un anonyme, et non une idole… Et dans la hiérarchie moraliste, un anonyme a moins de devoirs qu’un illustre sportif…
J’en viens donc à me poser les questions suivantes. Comment peut-on en arriver à déléguer l’ambassade de la perfection à des sportifs, dont la seule vocation est de taper dans un morceau de cuir ou dans une balle? Pourquoi le fait d’être célèbre devrait-il changer le mode de vie d’une personne? Depuis quand les sportifs ont-ils une vocation de prophète (« pro-fête », pouet pouet, au passage…)
Bref, à l’heure où plus personne ne croit en l’honnêteté des politiciens, tous ces débats autour de l’exemplarité des sportifs et de leur ligne de conduite me font doucement pouffer de rire… Toutes cette idéalisation du corps sain, de l’esprit sain… On leur reprocherait presque de trop bien gagner leur vie, pour ne faire que taper dans un ballon. Et non, tout le monde n’est pas David Douillet… (petit coeur brisé)
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