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Crotte de bique, en effet.
Je me trouve vieille, mais je suis contente d’avoir fait partie d’une, si ce n’est de la dernière génération à avoir connu en chair et en os la polyvalence des courants musicaux à la radio et dans les clips télé. Après, c’était foutu; Et je doute qu’on puisse un jour revenir à ce qu’était la culture musicale auparavant. On est passé dans une autre ère; l’ère de l’uniformisation.
Oui, et comme tu le dis si bien quelque-part sur le web nous sommes les témoins d’une époque formidable… Je rejoins le mouvement.
Ton analyse est intéressante car elle avance des chiffres, c’est structuré et tu sembles y avoir consacré du temps.
Il y a quelques points que j’aurais aimé voir apparaître, comme par exemple les marges des boites de production ayant pour conséquence un prix excessif sur les CD.
Autres facteurs déterminants dans cette chute, selon moi, c’est l’augmentation du pétrole (je me souviens du gasoil à 2,97 Francs en 1998) et toutes les autres augmentations (passage à l’euro, prix des clopes) qui ont conduit à un nivellement par le bas pour l’ensemble de la population. Pas étonnant dès lors que le serrage de ceinture se fasse d’abord sur les produits culturels et non matériels.
Quant au piratage, s’il s’est banalisé, les cassettes audio existaient avant le P2P et il n’était pas rare d’en trouver.
Petite anecdote amusante, celle de Metallica (oui j’y reviens souvent) qui s’est fait connaitre aux Etats-Unis en 1984 grâce aux cassettes pirates qui circulaient underground, intente un procès plusieurs années après à Napster pour lutter contre le piratage.
Enfin, je pense que nous sommes dans une époque charnière, où l’ère de la musique par la télé boit le calice jusqu’à la lie, où le temps de télé diminue d’année en année et où, je l’espère, on verra apparaître des plateformes d’écoute de qualité, sans intermédiaire et avec un droit d’entrée pour chacun.
@ labilbe: Effectivement tu mets en avant des faits que je n’ai pas stipulés dans cet article, notamment celui des énormes marges faites par les maisons de disques. Cela contribue évidemment à rendre l’accès à la culture encore un peu plus compliqué, et le contexte économique actuel n’arrange pas les choses.
En ce qui concerne le piratage actuel (lui même résultant du prix prohibitif des disques), je ne pense pas que l’on puisse réellement le comparer à une époque où l’on repiquait des cassettes, dans la mesure où finalement à cette époque là, on attachait davantage d’importance au support matériel et à l’objet.
La courbe des ventes de disques a d’ailleurs pris une claque au moment où le téléchargement illégal est apparu. Jamais les cassettes repiquées n’ont autant fait chuter les bénéfices liés à la musique…
La dématérialisation du support musical commence à entrer dans les meurs, et c’est évidemment le téléchargement illégal qui l’a banalisé.
Et pour conclure sur le dernier exemple que tu cites (Metallica, en l’occurrence) il serait assez intéressant de pouvoir analyser aussi, l’impact « positif » du téléchargement illégal sur les ventes d’albums, et la fréquentation des salles de concerts.
Je prends mon cas, par exemple, c’est en téléchargement illégalement plusieurs titres il y a quelques années, que j’ai découvert de nombreux jeunes artistes, dont j’ai acheté pas mal d’albums par la suite…
Je crois que nous sommes globalement d’accord sur le fond.
Je partage ce lien qui reprend les paroles du guitariste de Radiohead.
Il apporte un élément supplémentaire à l’analyse, celui du marché qui change.
http://zegut.blogspot.com/2010/01/radiohead-lindustrie-du-disque-est.html
Super article, je tiens juste à dire que je ne suis absolument pas pessimiste en ce qui concerne la diversité musicale. Je suis DJ et je dirige un label indépendant de musique ayant comme modèle la vente sur des plates-formes légales de téléchargements. Les petits labels indépendants sur internet commencent par faire des niches d’un genre très particulier (un peu comme le porno si tu cherches une fille au yeux bleue,aux cheveux blonds et qui fait 1m80, tu trouves un site qu’avec ces critères). Si juste 0,01% des internautes s’intéressent à mes productions, je gagne déjà bien ma vie. De plus je n’est aucune taxe, aucun intermédiaire, aucune Sacem, le mastering je le fais chez moi, la communication sur internet c’est gratuit.Nous sommes des petits artisans mais à force je vais bien me diversifier et enrichir mon catalogue de style musical. Tous les netlabels qui commencent avec la même idée que moi seront les labels de demain. Les dj d’aujourd’hui font le tour de la planète avec des morceaux récupérés sur Hype Machine ou sur des blogs. Et si les morceaux de mes artistes sont piratés et bien que les gens qui téléchargent mon catalogue en profite pour le mettre sur un blog, en mixtape ou bien qu’ils le jouent à ses amis. Tant mieux ça amène du monde à mes soirées et je m’y retrouve.
L’exposé est argumenté de manière solide et illustré par des exemples.
Travail sérieux.
17/20
Ouais, mais il n’y a pas d’antithèse. Ca manque un peu de concessions…
Back to basics: http://www.numerama.com/magazine/15280-une-chanson-rappelle-que-l-enregistrement-sur-cassettes-devait-tuer-la-musique.html
En même temps c’est un peu un cercle vicieux, s’il y a moins de diversités dans les bacs, perso ça m’incite moins à acheté. C’est ce qu’il s’est passé au Mégamagasin Vierge de ma ville, avant il y avait un rayon punkrock complet avec des sous genres,…
puis ils ont commencer à rassembler un peu les genres, le métal s’est rapproché et la même gondole a fini par contenir métal/punk.
Je crois que maintenant c’est encore pire, il me semble que la dernière fois que j’étais passé, le terme « punk » avait complètement disparu.
Exact. Les disquaires regroupent de plus en plus les genres musicaux… Et on a bien souvent tout et n’importe-quoi dans le même bac. Pour ma part, je ne flâne plus du tout dans les magasins de disques, et les grandes enseignes l’ont bien cherché. C’est tellement plus pratique de faire ses petites recherches en ligne…
BLOG rappel: « La diversité musicale est-elle en danger? » (Oui, c’est un peu long…) http://tinyurl.com/yazu7nw
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La diversité musicale est-elle en danger? http://bit.ly/aAyz13
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La diversité musicale est-elle en danger?
Depuis 1999, le nombre de nouveaux albums présents chaque année dans les bacs des disquaires français, ne cesse de diminuer. En 10 ans celui-ci a même subit une chute vertigineuse de 53%, en passant d’une moyenne de 2063 références commercialisées en 1999, à seulement 973 l’an passé.
Cette diminution de l’offre musicale en magasin s’explique en grande partie par l’effondrement du marché du disque depuis de nombreuses années, mais aussi par la récente apparition d’un nouveau mode de commercialisation de la musique, représenté par les plateformes de téléchargement via internet (Itunes, Fnac Music etc…)
Cet inquiétant phénomène pose un problème évident notamment au niveau de la diversité musicale, tant le choix des albums produits, puis vendus en magasins, semble être basé sur des critères standardisés, en fonction de leur unique rentabilité potentielle. De ce fait, en parcourant la plupart des rayons des disquaires actuels, nous pouvons d’ores et déjà constater que les artistes confirmés et populaires, valeurs sûres d’un business en déclin, règnent en maître et sans partage, dans un domaine ou l’artistique semble avoir perdu ses lettres de noblesse.
Le paradoxe de la situation tient en la dénaturation d’un art qui en tant que moyen d’expression se veut libre, et se voit aujourd’hui pris au piège d’un mode de distribution qui met en péril son existence en tant que tel.
Quels sont les risques d’une telle situation? Le règne de la culture musicale de masses est-elle une fatalité? Et quel avenir est promis à la diversité musicale? C’est ce à quoi je vais tenter de répondre, en abandonnant pour un temps, ma légendaire ironie.
1. L’effondrement du marché du disque pousse les maisons de disques à réduire leur offre.
Le premier facteur de mise en danger de la diversité de l’offre musicale n’est aujourd’hui une surprise aux yeux de personnes L’effondrement du marché du disque qui a globalement vu ses recettes baisser de 60% lors des cinq dernières années, a un impact évident sur l’avenir de la commercialisation de la musique et notamment sur la variété de l’offre proposée par les maisons de disques, qui ont inéluctablement souffert de la récente apparition du téléchargement illégal.
Le manque à gagner considérable a poussé les maisons de disques dans leurs retranchements, en les contraignant à limiter leurs investissements, et à revoir à la baisse, le nombre de signatures de contrats avec des artistes, notamment avec des « jeunes pousses ».
En effet, le secteur de la musique a connu une crise sans précédent, et dû adapter sa production et sa communication à cette période compliquée. La banalisation (illégale) de l’accès gratuit à la musique (plateformes de peer 2 peer), n’a pas uniquement impacté les revenus des producteurs et des « Ogres » de la musique, comme Johnny Hallyday ou Michel Sardou, par exemple, mais elle a aussi et surtout fait énormément de tort à des jeunes talents qui se sont vus refuser la signature de contrats.
Il va de soit que le phénomène existait très certainement bien avant la crise du disque, et que tous les groupes ou chanteurs avaient déjà des difficultés à trouver un producteur, mais le phénomène n’a pu qu »empirer ces 5 dernières années.
Ainsi, les maisons de disques, dans le but de limiter la casse, préfèrent aujourd’hui miser sur des valeurs sûres et populaires, en laissant pour un temps, espérons le, leur audace aux vestiaires.
Et le résultat d’une telle stratégie est catastrophique pour la diversité culturelle et musicale, car elle contribue, malgré l’immense et talentueux vivier dont regorge la scène amatrice française, à tuer ce que la musique et l’art ont de plus précieux, leur renouveau.
Aujourd’hui, avec une part de 49.8% (contre 58.8% en 2008, et 64% en 2006) les nouveautés ne sont même plus majoritaires au sein de l’écoute radio…
2.Diminution de l’offre en magasin au profit de plateformes numériques
Depuis la banalisation du téléchargement illégal, l’industrie du disque, ainsi que les disquaires, ont été en partie contraints de modifier leur manière de vendre leurs produits, en utilisant internet.
L’initiative a certes été un peu tardive, car pendant que les plateformes de peer 2 peer voyaient le jour, les professionnels du disque contemplaient impuissamment le phénomène sans même vouloir y faire face…
Bref, aujourd’hui, et après une dizaine d’années de cogitations en tous genres, de nouvelles plateformes de téléchargement légales ont enfin vu le jour, (FNAC Music et Itunes pour les plus populaires) et les ventes de titres par ce biais représentent actuellement près de 10% des ventes.
Nous pourrions donc penser que la diffusion musicale bénéficie d’un support supplémentaire, promis à un avenir certain, car un très large contenu y est disponible…
Mais force est de constater que malheureusement ces plateformes ont surtout tendance à se substituer à la vente en magasin, qui elle de son côté, voit son offre considérablement diminuée, résolvant par là même, de nombreux problèmes de logistique et de rentabilité.
La diminution de la surface de vente consacrée aux disques dans les magasins FNAC par exemple, en dit d’ailleurs très long à ce sujet.
« En quelques années, notre stock de disques a diminué de moitié ». me confiait un vendeur de la FNAC lors de mon dernier passage dans ce magasin. « Si un client souhaite acheter un album qui n’est pas en magasin, nous avons comme consigne de le renvoyer sur FNAC Music. »
Et cette déshumanisation de la vente musicale en dit malheureusement très long sur le malaise qui pèse sur un business en totale contradiction avec ses raisons d’être. Il y a fort à parier que d’ici quelques années, le plaisir d’écouter un vendeur passionné nous conseiller un album qu’il a apprécié, disparaisse tout simplement.
C’est d’ailleurs en partie le cas, puisqu’en interrogeant les vendeurs de grandes enseignes, on s’aperçoit que ces derniers sont déjà nostalgiques d’une époque où ils avaient un véritable rôle à jouer dans le conseil et la vente de disques. Pire encore, ils se disent considérés comme de simples « approvisionneurs », et avouent volontiers que leur travail est dévalué par une négociation omni-présente des mises en avant. Ils n’ont même plus le temps de nouer une relation convenable avec leurs clients et de partager avec eux ce qui les unissait autrefois, l’amour de la musique…
« Nous passons notre temps à mettre du Johnny et du Garou dans les bacs, et notre avis ne compte plus aux yeux de la direction. Si j’ai la brillante idée de commander un truc qui sort un peu de l’ordinaire, mon responsable va me taper sur les doigts! » me confiait le même vendeur, dépité…
3. Critères de sélection des artistes, et règne de l’uniformisation
Afin d’avoir ne serait-ce qu’une petite chance d’entrer dans la danse et de bénéficier d’une certaine visibilité, les artistes contemporains se voient bien souvent contraints de faire dans le « conventionnel ». La culture de masse imposée par la connivence entre les grandes maisons de disques et les médias traditionnels semble attendre de ces derniers qu’ils mettent de côté ce qui constitue l’essence même de l’artiste, sa folie, sa créativité.
Une nouveau type de promotion musicale a fait irruption dans le paysage audiovisuel français depuis peu, la « télé réalite ». Le principe consiste tout simplement à assurer une visibilité et une popularité à un ou plusieurs artistes, en les soumettant à un casting dont seul le public est juge, et ce avant même qu’ils aient démontré qu’ils ont talent. Les candidats à ce type d’émission sont généralement prêts à tout pour s’assurer gloire et célébrité, et le déroulement d’émissions comme la « Star Academy » et « La Nouvelle Star » prouve une fois de plus que l’art n’a que très peu de place dans le monde du « Show business » aujourd’hui.
Car ce qui est demandé aux candidats, n’est ni plus ni moins que de faire briller leur technicité vocale et scénique. A aucun moment, la production n’attend d’eux qu’ils s’expriment librement et en toute simplicité en nous faisant découvrir des compositions issues d’une réelle démarche créative. Bien au contraire, ils sont considérés comme de simples artisans priés de montrer à la cible française qu’ils sont capables de pondre une copie parfaite sur du De Palmas, ou du Celine Dion.
La sur-médiatisation de ce type de production a installé un véritable leadership au sein de la culture musicale, en écrasant tout ce qui tente de s’en différencier. Le côté pédagogique mis en avant dans chaque séance de formatage télévisuel représente un danger pour la diversité musicale, car il gomme les basiques de l’art, pour en faire un produit simplement conventionnel, rentable et performant.
Ce n’est plus le monde du spectacle qui obéit à la loi de la demande et aux goûts du public. Bien au contraire, c’est toute une industrie qui se plie en 4 pour imposer son type de production, lisse plane et sans aucune revendication.
4. Marginalisation de la démarche artistique et de la créativité
Tout ceci mis bout à bout contribue indéniablement à nous faire oublier qu’historiquement parlant, chaque courant musical naissait autrefois d’une démarche engagée et revendicative ayant généralement pour sacerdoce, la liberté d’expression, le partage de la culture.
A l’instar des mouvements jazz, rock, hippie, punks, ou encore plus récemment le rap, la mouvance musicale actuellement médiatisée n’a aucune identité propre.
L’impulsivité et l’instinct de l’artiste sont maintenant priés de rester au vestiaire, et ceux qui veulent avoir une chance de réussir doivent laisser de côté leurs opinions et engagements vis à vis du contexte social dans lequel ils évoluent.
Bref, la forme prime aujourd’hui sur le fond, et tout le monde s’accordera volontiers (et à tort) à qualifier de « rock », un morceau à base de guitare électrique, ou de Flamenco, une chanson dont les paroles sont en espagnol, alors que son auteur est russe, et vit dans un quartier chic de Paris.
Le marché de la musique dénaturée a complètement occulté la nature primaire de l’art, et laisse aux petites maisons de disques le soin de faire signer des artistes qui n’entrent pas dans une norme qui les marginalise…
Alors certes, me direz-vous, les vrais artistes (oui, les pariats qui écrivent, chantent et hurlent avec leur tripes) existent encore, et sont mêmes très nombreux, voire majoritaires.
Mais il y a finalement peu de chances qu’ils parviennent à jouer à nouveau les premiers rôles dans des films à gros budgets, dans lesquels les producteurs ne les laissent même plus figurer. Merde.
chiffres: sur le bilan économique 2009 du SNEP
Image d’illustration chopée par ici.