Mardi 16 juin 2009

Données contre papier: Le livre électronique a-t-il un avenir?

livre-electronique

A l’heure du numérique à toutes les sauces, l’être urbain et sa récente nature de consommateur, voit désormais toute une multitude de gadgets tentateurs, défiler sous ses yeux poudrés. La mécanique infernale de l’équipement ne cesse de s’accélérer, dans le seul but de répondre aux besoins imaginaires d’un être jamais rassasié et satisfait de sa présente condition.

L’homme consomme aujourd’hui de la prouesse technologique, sans même se rendre compte que celle-ci ne lui permet rien de plus.

Le livre électronique, commercialisé depuis quelques années maintenant (lancement grand public aux alentours de 2006), en est la parfaite illustration. Ce petit objet bourré de technologie, aux allures d’agenda de poche, ne révolutionne pas fondamentalement de par son concept. Mais il facilite la lecture,  l’accès aux ouvrages (en téléchargement) et le rangement. Ainsi, vous pouvez aujourd’hui stocker une bibliothèque complète dans votre Ebook. Mais la finalité est la même que celle d’un livre. Dans sa version actuelle, il vous permet au final, de lire, et rien d’autre…

De plus, contrairement à d’autres gadgets « high tech » moulés dans le même format, qui vous offrent un multitude de possibilités, comme téléphoner, naviguer sur internet, photographier, visionner des films, et j’en passe, L’ E-book n’innove pas.

bibliotheque

Pire encore, les puristes considèreront comme scandaleux, que ce dernier rompe avec la tradition du livre papier, symbole d’une culture vieille comme le monde (ou presque), et dont l’authenticité artisanale avait déjà été écornée avec l’apparition de l’imprimerie, puis des presses en série.

Car le livre est un symbole historique et culturel fort. C’est indaignable. Nulle ne pourra contredire le fait que celui-ci fasse aujourd’hui figure de résistant, parmi tous les objets qui nous entourent, car il a su traverser le temps sans changer de forme. Il est donc une exception, et son côté sacré, renfermant les écrits les écrits fondateurs de toutes les sociétés, lui a permis de ne pas changer de forme ni de matière au fil du temps.

L’amour du livre, pour de nombreux passionnés de lecture, n’est pas seulement une histoire qui lie le lecteur aux mots. Ils se développe avec des années d’amour de la lecture, un rapport bien privilégié entre le lecteur et le livre.

Celui-ci est touché, ouvert, feuilleté, senti, corné… Le livre vieilli sent le vécu à plein nez, et le dernier lecteur d’un ouvrage ancien, ne peut s’empêcher de penser au petit bout d’histoire qu’il saisit là… à son tour.

Le livre électronique, lui, ne sent rien. Il ne fait pas rêver, et le prétexte écologique avancé par les revendeurs laisse dubitatif. Certes la forêt amazonienne dépérit à vue d’oeil, mais le pétrole utilisé pour les pasturgies des livres du futur sont-elles plus « écolos »? Un livre qui fonctionne sur batterie est-il plus « propre » qu’un morceau de carton?

Mais il a cet avantage, de proposer un renouveau… Il vient rafraîchir et donner un coup de neuf, à une littérature dont les stéréotypes sont la plume et l’encrier. Il vient injecter une grande dose de confort dans votre lecture, grâce à son ecran rétro-éclairé (fini la lampe de chevet), et vous permet aussi d’adapter la taille de la police à la défaillance de votre vue.

En viendra-t-il un jour à définitivement éradiquer le support papier dans la presse ou dans l’édition?

Sur du court ou moyen terme, le phénomène semble peu probable, de même que la presse papier n’a pas disparu au profit d’internet, mais elle a vu ses ventes s’éssoufler de manière considérable, avec l’apparition des nouveaux médias.

Il y a tout de même de fortes chances que l’objet innovateur aujourd’hui (prix de vente entre 150 et 300 euros), ne devienne qu’un objet de consommation comme un autre par la suite. L’offre est croissante, et les éditeurs n’hésitent pas à jouer le jeu en proposant quasi systématiquement des versions numériques de leurs derniers ouvrages au format PDF, lisibles d’ailleurs sur de plus en plus d’appareils mobiles.

Permettons-nous, donc, de douter de l’avenir de la simple tablette dans sa version actuelle, mais envisageons plutôt qu’elle ne ressemble plutôt à çà…

iphone-webapps-directory

image bibliothèque


Vous pouvez suivre cette dicussion par Flux RSS 2.0 . Vous pouvez poster vos commentaires, ou ou voir les dernières réactions à partir de votre site, ou page d'accueil.

8 commentaires et tweets

17 juin 2009

Bon, un bouquin papier c’est bien mais moi qui ait déjà deux forêts amazoniennes de lectures chez moi et plus de place pour en accueillir une troisième, je trouve ça néanmoins pratique. Et si j’ignore les impacts écologiques respectifs de ces deux moyens de propager l’art et la culture, je trouve le livre électronique intéressant. Le hic, c’est que c’est encore beaucoup trop cher et que si outremer le prix des livres à télécharger semble rester dans l’ensemble raisonnable, j’ai constaté il y a quelques mois qu’en France qu’une acquisition via le net d’un bouquin sous la forme électronique coutait plus cher que de l’acheter sous forme papier… la différence doit provenir de l’exception culturelle française je présume…. Pas glop… :(


17 juin 2009
Jérome (Le Tour du Web)

Shadows: Tout d’abord merci pour tes commentaires. Ils vont vraiment finir par me pousser à élever le niveau de mes articles, pour les mériter.
Je n’y réponds pas forcément tout le temps, et j’en suis désolé.
Sinon, effectivement, le prix d’un livre électronique n’est pas forcément toujours meilleur marché qu’un livre papier…
Je pense qu’il faudra du temps avant que le lectorat s’y fasse, et peut-être qu’avec le temps, il prendra le dessus sur son ancêtre.
——————–
Sinon d’un tout autre côté, j’avais pensé créer une plateforme d’échange de bouquins en ligne.
Je ne sais pas si cela existe déjà, mais le principe serait simple.
Tu t’inscris (gratuitement évidemment), tu mets une liste de bouquins à disposition des autres utilisateurs, et propose des échanges… Bref, c’est juste une petite idée.


17 juin 2009

Je connais 2 sites dans ce style là mais comme tout le monde le sait, le téléchargement illégal est interdit… Et d’ailleurs je m’en vais illico te balancer à Albanel pour avoir eu cette idée ! :)

Mmmm… L’idée en soi pourrait être sympa mais au regard des faibles sommes déja perçues par les écrivains dans beaucoup de pays dont le nôtre , je préfère personnellement acheter leurs bouquins pour les encourager à continuer à nous divertir ou à nous cultiver; Sinon, je me dis qu’on va finir par les affamer et qu’il ne restera plus en vente que des daubes sponsorisées par Moltonel et des auteurs dignes de madame Légère .

Par contre , un site genre « café littéraire », ça pourrait être sympa. Mais ça existe surement déja quelquepart.

Ou alors un site où tu mets des bouquetins à disposition des autres et où tu proposes des échanges :) :)

Bon, je vais aller prendre mes cachets……


17 juin 2009
Jérome (Le Tour du Web)

AAAAAAHHHHH!!!
Décidément, tu as l’art et la manière de mettre en avant des évidences auxquelles je n’ai même pas pensé…
GRRRRrrr… Je les avais complètement oubliés les auteurs dans l’histoire…
Bon, je m’en vais de ce pas acheter un bouquin de Sartre pour l’aider à vivre. :)
Quant aux bouquetins, c’est une super idée. Il faudrait simplement demander un accord préalable écrit à leurs parents…
Bon, t’as pas un cachet?


18 juin 2009

Tu préfères quoi ? Une petite boule bleue ou une petite boule rose ?


18 juin 2009

Très bon (et bel) article, merci !

Moi qui suis pourtant le geek de chez geek depuis bientôt 30 ans, il y a 2 trucs auxquels je suis encore réfractaire (pour combien de temps ?), le GPS et le livre électronique.

Le rapport « charnel » à l’objet que tu décris, même si il peut paraitre désuet, me semble important.

Il faudrait que j’essaye de lire un livre entier sur un ebook quelconque pour voir, je me demande si ça se loue ?

Un autre problème qui me vient à l’esprit, c’est la distraction qu’apporte le support électronique :
Pour nous qui baignons dans le net, les blogs et autres tweeteries, le zapping est devenu un réflexe.
Difficile de se concentrer sur la lecture d’un livre si le support permet d’accéder à son twitter ou autre (ce qui n’est sans doute pas encore le cas des ebook et autre kindle).
Voir l’intéressant (et long) article sur ce sujet : http://www.framablog.org/index.php/post/2008/12/07/est-ce-que-google-nous-rend-idiot (j’étais sur le point de faire une tinyurl, twitter donne de drôles d’habitudes)

PS : je crois qu’un L a pris son envol dans « le pétrole utilisé pour les pasturgies des livres », ou bien je suis passé à coté. Par contre l’article ressort super bien sur Google avec pasturgies ;)


18 juin 2009
Jerome

Ellis >>> Je ne suis pas un gros partisan du livre électronique non plus, pour la simple raison que je passe déjà beaucoup de temps dans la journée sur un écran, et que la lecture papier à un côté reposant…
L’écran, lui excite un peu plus mes neurones, et mes yeux n’en peuvent plus.
D’autre part, l’article que tu cites est vraiment très intéressant, et justifie d’ailleurs bien ce choix.

« Grâce à l’omniprésence du texte sur Internet, sans même parler de la popularité des textos sur les téléphones portables, nous lisons peut-être davantage aujourd’hui que dans les années 70 ou 80, lorsque la télévision était le média de choix. »
Il stipule aussi le fait que la lecture d’un article en implique aussi une autre (liens complémentaires etc..)
Et la lecture d’un livre sans rien d’autre autour me permet de m’éloigner de tout cela.

Enfin, pour en venir à l’envol du « L » de plasturgie, je le justifierai à nouveau en citant l’article auquel tu renvoies:
« nos outils d’écriture participent à l’éclosion de nos pensées » – Friedrich Nietzsche – :)


25 juin 2009
jane

ouais une boule rose et j’ai une bonne nouvelle il existe des gouttes pur ceux qui portent des lentilles et qui lisent sur un écran pour éviter la déshydratation .super ne te nique pas les yeux et vis ton époque .Ca me fais penser a la révolution du walkman début des années 80 qui remplaçait les chaines ou tournent disques .que dire avec le recul on y est tous venus.snif ..


BESOIN D'UN AVATAR?

Additional comments powered by BackType